Généalogie Dardel - Fiche Individuelle
Généalogie Dardel - Fiche Individuelle
NomMaria Émilie Cécile de Dardel , 30
Naissance1893-04-08, Meudon-Bellevue (F 92)
Décès1968-12-11, Boudevilliers (NE)
ProfessionMédecin pediatre
PèreOtto Auguste de Dardel , 29 (1864-1927)
MèreBaronne Maria Emilia Uggla , 24 (1869-1893)
Conjoint(e)s
Naissance1893-12-28, Payerne (VD)
Décès1949-07-30, Neuchâtel
ProfessionMédecin gynécologue à Neuchâtel
PèreÉmile Henri Gueissaz , 3437 (1863-1934)
MèreMarie Isabelle Comte , 3438 (1867-1939)
Mariage1920-05-15, Saint-Blaise (NE)
EnfantsÉlie Otto , 58 (1921-1981)
 Maurice Ewald , 59 (1923-1998)
 Marie-Claude , 869 (1926-1926)
 Luc Bertil , 60 (1932-2014)
Notes pour Maria Émilie Cécile de Dardel
Médecin pediatre à Neuchâtel. Maria fut l'une des premières à obtenir un diplôme de médecine en Suisse, à l'université de Lausanne, en 1919.35
En 1967, elle fait une conférence sur le sujet : La tuberculose et le BCG.36

Notice nécrologique
C’est avec une profonde tristesse que l'on a appris le décès du docteur Maria Gueissaz, survenu à l'hôpital de Landeyeux, où la maladie l'avait obligée à se faire hospitaliser depuis le début de l'année.
Mme Gueissaz était née en 1893 à Meudon, dans la banlieue parisienne, où son père, Otto de Dardel, était venu faire de l'évangélisation avec sa jeune femme. La mort prématurée de cette dernière allait très vite obliger notre compatriote à rentrer clans son pays avec sa fille à peine âgée d'un an.
Mme Gueissaz a passé son enfance à Saint-Biaise et poursuivi ses études à Neuchâtel, puis à Lausanne où elle acquiert son diplôme de médecin et se marie avec le Dr. Ernest Gueissaz, accoucheur et gynécologue, pour venir en 1925 pratiquer leurs spécialités à Neuchâtel. Aînée d'une famille de sept frères et sœurs, fille d'un Neuchâtelois éminent, journaliste et homme politique, Mme Gueissaz n'a pas exercé une profession mais s'est sentie appelée à remplir une vocation.
Constituée d'une fibre sociale héréditaire, elle n'a jamais conçu son métier de médecin qu'en profonde harmonie avec un besoin inné de servir autrui. C'est ainsi qu'une des premières œuvres qu'elle réalise est la plage des enfants à Monruz, puis bénévolement elle crée dans le cadre du restaurant neuchâtelois une consultation pour nourrissons et conseils à leurs jeunes mères. Elle est membre de la commission scolaire, membre de la commission de l'orphelinat de Belmont et elle sera membre de Pro Juventute jusqu'en 1969. Elle pratique la médecine d'enfants à une époque où cette spécialité exige beaucoup de déplacements, de visites à domicile de jour et de nuit, où le traitement des bébés et des enfants exige l'art de conseiller.
Elle élève sa famille, surveille et soigne avec une vigilance de tout instant un mari, brillant médecin, chef de la Maternité, dont le zèle professionnel paraît infatigable mais que la maladie emportera très prématurément un jour de l'été 1949.
Surmontant son chagrin, Mme Gueissaz a meublé le vide immense laissé par ce deuil cruel. Elle décide de se spécialiser dans une tâche de médecine sociale. Après un stage au Danemark, elle introduit la vaccination au BCG à Neuchâtel et prend ainsi une part essentielle à la prévention de la tuberculose, jusqu'au jour où elle prendra la direction et la responsabilité du Centre de transfusion de la Croix-Rouge suisse à Neuchâtel, fonction qu'elle assumera jusqu'à sa retraite volontaire, en 1965.
Toutes ces activités ne l'empêcheront pas d'exercer son métier de médecin d'enfants avec des dons remarquables, un bon sens averti, une intuition juste, une capacité de communiquer sa foi, de solliciter les bonnes volontés, de créer l'esprit de sacrifice et de participation.
Elle laisse à ses concitoyens l'image d'un médecin dévoué, alliant l'intelligence professionnelle aux besoins d'un service social, à ses confrères l'exemple d'une femme qui a honoré notre profession , par son ambition de demeurer à la hauteur de sa tâche par une réadaptation technique et culturelle, à ses enfants le souvenir impérissable d'une mère qui a su se partager, en donnant toujours et partout le meilleur d'elle-même, à ses parents , à son mari et à ses enfants , comme à ses malades, ses amis et ses concitoyens. Nous pleurons avec eux une amie que nous n'oublierons pas.
Dr. Jules-Armand BARRELET,
Président du Centre de transfusion de la Croix-Rouge
Feuille d’avis de Neuchâtel, 12 décembre 1969
Notes pour Ernest Philippe (Conjoint(e) 1)
Notice nécrologique
Le docteur Ernest Gueissaz

La mort du docteur Ernest Gueissaz, directeur de la Maternité, parle à ses confrères, qui le chérissaient et s'enorgueillissaient de posséder un ami de cette qualité, le noble et nu langage de l'accomplissement professionnel dans sa perfection. A ses malades, elle donne la mesure d'un dévouement, qu’à ses yeux, elles ne devaient même pas soupçonner.

Appelé par un confrère à l'aide d'un accouchement périlleux, le docteur Gueissaz extrait l'enfant sans encombre sinon sans effort, tend le nouveau-né à la Sage-femme, donne des ordres pour que soit entretenue la frêle vie- et s'affaisse foudroyé par la mort quo lui préparait une maladie contre laquelle il se défendait depuis 25 ans.

Ernest Gueissaz, dans la mort, est arrivé au sommet de la profession, vers lequel l'avaient porté dès le début de sa carrière une authentique vocation, des dons exceptionnels, la faveur de ses maîtres et l'appui d'une compagne entièrement dévouée. Brillant élève de Rossier et de Jung, devenu très vite leur collaborateur, Gueissaz devait faire carrière à la Faculté. Les dangers d'une maladie qui allait le rendre vulnérable à toujours, joints à un sens profond de l'humain et à un goût très vif de l'indépendance l'en détournèrent.

En 1923, le docteur Gueissaz s’établissait dans notre cité où l'attirait son alliance conjugale. 11 y exerce son art avec un talent exceptionnel au service d'une innombrable clientèle privée, dans son service de l'hôpital do la Providence, puis depuis 1943 comme directeur de la Maternité, dams le cadre de laquelle il fond e aussitôt l'Ecole neuchâteloise d'hygiène maternelle et infantile. Accoucheur et chirurgien à la main rapide et élégante, à la pensée claire et précise, savant à la plume alerte, tout paraît simple et facile (aux autres) dès qu'il s'empare d'une question, d'un bistouri, d'une plume. Mais c'est une aisance pleine de discrétion que la sienne, et jamais Gueissaz ne donne aux choses, même les plus réussies, de sa propre importance, une importance pourtant qu’il a réellement, et qui est reconnue par ses plus proches confrères comme par les savants les plus lointains. De nombreuses communications aux sociétés savantes sur les sujets les plus variés valent à ce grand modeste honneurs et renom.

Président de la Société médicale neuchâteloise. de la Société d'obstétrique et de gynécologie de Suisse romande, de la Société suisse d'obstétrique et de gynécologie, il est rapporteur au Congrès des obstétriciens et gynécologues de langue française à Alger en 1935. En 1948, le titre envié de membre honoraire étranger de la Société française de gynécologie est conféré à l'auteur de tant de travaux de valeur, et le 5 mai 1949, invité par la Faculté de médecine de Paris à donner une leçon à la Clinique Tarnier, il fait part dans un magistral exposé du résultat de ses études de 25 ans sur l'épreuve de la sédimentation globulaire en obstétrique et en gynécologie. Couronnement d'une féconde carrière, sans doute, et nous nous en réjouissions pour lui, mais non terminaison !

C’est pourtant au moment de ce magnifique épanouissement de vie et de santé intellectuelles que l'impitoyable loi, qui frappait si durement Gueissaz dans son corps au début de sa carrière, et qu’il endurait avec le détachement suprême du stoïque, allait s'accomplir.

M. R.

Feuille d'avis de Neuchâtel, 1er août 1949
Dernière modification 2018-08-26Créé le 2019-08-29 avec Reunion
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